La délégation œcuménique mondiale exprime sa solidarité avec Cuba, aux prises avec une crise humanitaire qui s’enlise, faisant écho à l’inquiétude internationale croissante relative aux répercussions, sur la population, des sanctions économiques répétées.
Appel à l’action pour exhorter les élues et élus canadiens à augmenter l’aide humanitaire et à s’opposer au blocus pétrolier

Consejo de Iglesias de Cuba, 2026
Crédit: Consejo de Iglesias de Cuba
Du 28 au 31 mars derniers, une délégation de plusieurs leaders œcuméniques mondiaux, dont le pasteur Michael Blair, secrétaire général de l’Église Unie du Canada, s’est jointe aux églises cubaines pour entamer le pèlerinage de la Semaine sainte à l’occasion d’une visite de solidarité. Rappelons que Cuba est visé par un embargo et un blocus imposés par l’actuelle administration américaine qui ne cessent d’aggraver la pénurie de biens de première nécessité. La délégation a souligné l’immense résilience de ce peuple.
La visite, initiative de la Communion mondiale d’Églises réformées (CMÉR), se voulait une réponse face à la crise humanitaire qui s’enlise et à l’inquiétude mondiale croissante par rapport aux répercussions, sur la population cubaine, des sanctions économiques. Accueillie par le Conseil des Églises de Cuba, l’Église presbytérienne réformée de Cuba et l’Association des Églises réformées d’Amérique latine (AIPRAL), la délégation se composait des personnes suivantes :
- Pasteur Philip Vinod Peacock, secrétaire général de la CMÉR;
- Pasteur Jerry Pillay, Ph. D., secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises;
- Pasteure Jihyun Oh, clerc correspondante de l’Assemblée générale de l’Église presbytérienne (États-Unis);
- Pasteur Jimmie R. Hawkins, directeur du plaidoyer de l’Église presbytérienne (États-Unis);
- Pasteur Anthony Poggo, à la retraite, secrétaire général de la Communion anglicane;
- Pasteur Michael Blair, secrétaire générale de l’Église Unie du Canada;
- Pasteur Reynaldo Ferreira Leao Neto, Ph. D., secrétaire général du Conseil méthodiste mondial.
Cette visite a été source de « grande fierté pour le mouvement œcuménique cubain » selon Joel Ortega Dopico, président du Conseil des Églises de Cuba. Fruit d’années de travail, elle a marqué le début d’une collaboration plus étroite entre le mouvement œcuménique mondial et le mouvement œcuménique cubain.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu! (Matthieu 5,9 NFC)
Les membres de la délégation exhortent l’administration américaine à choisir la voie du dialogue pacifique plutôt que celle de la menace militaire. Cet appel tombe particulièrement à point, le président Trump ayant signé, le vendredi 1er mai, un autre décret présidentiel contre le pays. Qualifiant Cuba de « menace inhabituelle et extraordinaire », le décret impose des sanctions à toute personne étrangère exerçant des activités dans les domaines de l’énergie, de la défense et du matériel connexe, des métaux et de l’extraction minière, des services financiers, de la sécurité ou dans tout autre secteur de l’économie cubaine. Des sanctions secondaires sont infligées à toute entité qui exécute ou facilite des transactions avec les personnes visées par le décret, dont les institutions financières étrangères.
Pendant la visite, le pasteur Philip V. Peacock, secrétaire général de la CMÉR, a constaté que, contrairement à certaines perceptions internationales, loin d’être une menace, Cuba pourrait plutôt être un partenaire avantageux pour bien des pays. Il a ajouté que la solidarité internationale de Cuba, notamment en santé, profite à de nombreux pays et témoigne de l’engagement soutenu de Cuba envers le bien-être d’autrui.
Joignez-vous à nous pour exhorter nos élues et élus canadiens à accroître l’aide humanitaire, à s’élever contre le blocus pétrolier américain et à honorer l’engagement du Canada en faveur de l’autodétermination de Cuba. Agissez sans tarder.
L’énergie solaire est désormais utilisée pour répondre à 10 % de la demande énergétique de l’île, une réponse à la pénurie de carburant paralysante causée par des décennies d’embargo américain et par le blocus imposé en février dernier. Selon le pasteur Blair, ces mesures incessantes ont fait chuter le tourisme, et donc les revenus, ce qui a de vastes conséquences sur la population.
« Cuba n’a pas laissé la situation freiner son essor, mais on se demande bien ce qu’il en serait sans embargo, ajoute le pasteur Blair. Nous ne devons pas nous taire. Notre présence se voulait un message à nos partenaires cubains qu’ils ne sont pas seuls et que nous comprenons leurs difficultés et les épaulons. »
Coïncidence : l’un des premiers projets d’énergie solaire a été lancé à Cuba dans les années 1990 avec le soutien de l’Église Unie du Canada. À l’heure actuelle, les hôpitaux, les écoles, les salons funéraires et les foyers de soins de longue durée ont la priorité d’accès au réseau solaire. La délégation s’est rendue dans un hôpital d’oncologie, où la réalité de la situation s’est imposée : « Faute d’électricité, des personnes souffrant du cancer ne peuvent recevoir leurs traitements de radiothérapie, des enfants sont privés de médicaments et des personnes ne peuvent être opérées, » fait observer le pasteur Blair.
À la fin de la visite, la délégation a évoqué la possibilité d’organiser un forum œcuménique international avec le Conseil des Églises de Cuba. Ce forum permettrait aux Églises du monde entier de resserrer leurs liens de solidarité avec les Églises et la population de Cuba et à ouvrir les yeux de la communauté internationale à la cruauté et à l’injustice d’une punition collective, sans distinction, infligée au peuple cubain.