L'Église Unie du Canada

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Un poème, une prière pour retourner le monde du côté de l’accueil et de la justice

 


Comme Tu nous es étrange, Toi l’Étranger,
Nazaréen,
dont la voix et la présence traversent des millénaires…


 

 

Le 25 mai 2020, George Floyd succombe à la brutalité policière à Minneapolis, dans le Minnesota, aux États-Unis. I can’t breathe, les mots qu’il a prononcés pour exprimer sa détresse, ont fourni le souffle à de vastes manifestations antiracistes dans plusieurs pays.

Durant la pandémie de la COVID-19, un grand nombre de personnes ayant demandé l’asile au Canada et qui sont toujours en attente de statut, notamment des femmes haïtiennes, ont prodigué des soins dans les zones contaminées des CHSLD et fait partie des travailleurs et travailleuses des services essentiels, au plus bas de l’échelle et dans des emplois précaires (nettoyage, ménage, industrie alimentaire, etc.).

Tout en faisant l’éloge du dévouement des préposées venues d’ailleurs, le gouvernement du Québec demeure réfractaire à la demande de régulariser leur statut pour des raisons humanitaires et en reconnaissance de leur contribution à la société dans une situation exceptionnelle. Une pétition s’organise en appui à cette demande.

Le 2 juin, le gouvernement du Québec annonce que les demandeurs d’asile seront exclus du programme de formation mis sur pied pour recruter 10 000 préposés aux bénéficiaires.

Devant cette réalité qui suscite en toute justice des plaidoyers et des appels à l’action, il y a aussi la poésie et la prière.

 


 

Comme Tu nous es étrange

Comme Tu nous es étrange, Toi l’Étranger,
Nazaréen,
dont la voix et la présence traversent des millénaires,
Comme Tu nous es étrange.
Qui y a-t-il entre nous et nos soucis du jour?
Et que sais-tu du prix des choses,
des vêtements, des ordis et des médicaments,
de la bourse des carbones,
du jazz et du trombone
des armements la course, et des soldats enfants
du virus mortel et des CHSLD cloîtrés
Comme Tu nous es étrange,
hors de Ton temps, en marge de nos espaces.

Comme Tu leur fus étrange,Galiléen, toi l’étranger
des rues et des sentiers perdus
aux puissants et aux pieux,
qui déchiraient la terre et rationnaient le pain,
pour un oui, pour un non, retenant le pardon.
Comme Tu leur fus étrange
quand Tu ouvris l’espace
au centurion Romain, à la Samaritaine,
au collecteur de taxes, aux enfants qui dansaient sur la place,
aux pêcheurs rugueux, sans voix, assoiffés d’horizons
à la femme adultère, humiliée, solitaire.

Comme Tu nous es étrange dans ton étrangeté,
avec ta gueule de pauvre, de Juif, de réfugié,
de préposée noire, épuisée, refoulée
d’Autochtone kidnappé dont la Terre est violée
de Femme portant le voile, Musulmane dénoncée,
de jeune avec son chien, faisant la manche au coin de la ruelle,
nous regardant passer, pressés, évitant Ton regard.

Comme Tu nous es étrange caché dans ton étrangeté
dans ta peau noire ou brune
où Tu nous invites encore à venir Te trouver,
pour retourner le monde du côté de l’accueil et de la justice.

– Pierre Goldberger

Une réponse à

  1. Nicole Hamel says:

    Tous les textes sont prenants et invitent à une mobilisation. Pétition signée. Je partage avec des ami.e.s hors réseau de notre Église. Merci à Michael et Pierre.

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