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Toutes nos histoires sont les siennes

| MÉDITATION |

| Par Denis Fortin, pasteur |

« …Il sera un signe contesté… ainsi seront dévoilés les débats
de bien des cœurs. » (Luc 2,34-35)

 

La moitié des réfugiés dans le monde sont des enfants… Bouleversant ! En Occident chré­tien, aux derniers jours de l’année civique, la tradition millénaire remet à l’avant-plan les tribulations d’un couple du Moyen-Orient « en déplacement » obligé à l’intérieur de leur pays, les péripéties de la naissance de leur enfant dans des conditions exécrables puis, cible de violences politiques génocidaires, leur fuite précipitée vers un pays voisin où ils demeureront réfugiés pendant plusieurs années. Depuis, 2000 ans se sont écoulés; triste­ment, les circonstances entourant les récits de la Nativité sont encore d’actualité et nous interpellent plus que jamais.

La factualité des évènements rela­tés dans les évangiles de Mathieu et de Luc n’est pas ce qui importe ici ; la narration vise essentiellement à transmettre un message de sens et d’espérance, à tisser un lien entre des réalités de la condition humaine et la Présence transcendante qui les imprègne et est susceptible de les faire déboucher dans l’inédit d’une histoire en devenir. Dès les premiers instants de la vie de l’homme Jésus les rédacteurs nous font voir l’oeuvre de la sollicitude divine manifes­tée en celui qui sera reconnu puis confessé comme Christ. Lueurs de Pâques à la crèche.

Le temps de Noël – de l’avent qui le précède à l’Épiphanie qui le termine – est souligné chaque année au solstice d’hiver, le rappel qu’une lumière indéfectible repous­sera l’obscurité qui semble engouf­frer la vie elle-même. N’y aurait-il pas ici un antidote à l’apathie repue de l’hyperconsommation des fêtes comme à l’émoussement de sensibi­lité au sacré, et au cynique repli sur soi ? Ces récits merveilleux méritent d’être ruminés avec soin. Par delà la familiarité de prime abord s’y découvre un riche potentiel de prise de conscience et de renouveau. Art visuel, musique, littérature, tant re­ligieux que profanes, s’offrent ainsi en jalons, signes et symboles d’une invitation à la transformation des coeurs, des valeurs et des compor­tements. Quel éclairage nouveau trouvons-nous à notre vie ? Qui accueillons-nous dans nos foyers et à notre table ? À quels partages la reconnaissance des bienfaits reçus nous incite-t-elle ? Quelle protection et quel accueil bienveil­lant accordons-nous aux plus vul­nérables ?

Chacun aborde d’instinct l’his­toire sainte selon sa sensibilité propre et ses thèmes de prédilec­tion. Toutefois, il y a en commun l’observation de la vie souvent pas facile des autres – qui aurait pu être la nôtre n’eut été l’aléatoire des circonstances de notre naissance. Se laisser émouvoir par la détresse d’autrui est l’amorce de toute soli­darité, l’élan derrière le geste d’aide, l’accueil attentif, une participation au changement des choses. Le pré­sent numéro d’Aujourd’hui Credo est un exemple d’actualisation de ces récits, dont l’écho résonne dans nos réalités sociales, politiques, éco­nomiques autant que culturelles et religieuses.

Aux yeux de la foi, la saga de la vie de Jésus révèle la profondeur de l’insertion divine dans l’humanité et l’histoire, nos histoires qui sont à jamais les siennes, partagées avec tous les humains, toutes latitudes et époques confondues. La Lumière brille et vainc l’obscurité.

Elle accoucha de son fils pre­mier-né, l’emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle d’hôtes. (Luc 2,7) Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et fuis en Égypte. (Matthieu 2,13) Mets-toi en route pour la terre d’Israël, car ils sont morts ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. (Matthieu 2,20) Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! (Matthieu 25,40)

Une fois encore, Noël nouvelet, éclaire cet instant présent, unique de notre vie. Accueillons-le, et ac­cueillons-nous les uns les autres en donnant forme à la bienveillance divine.

Une réponse à

  1. Armand Guillot says:

    Votre compagne la pasteure Darla Sloan,nous a fait l’honneur d’une récente visite,à la fête des églises francophones le 26 août dernier à Belle-Rivière.Ses interventions avec les enfants ont été particulièrement judicieuses et l’ensemble de ses commentaires lors de cette journée avant tout festive,particulièrement goûtées.Sa présence est toujours un encouragement devant une assemblée souvent laissée à l’isolation si ce n’est à l’indifférence.Je n’ai pas utilisé le mot rejet,il est trop lourd de conséquences.

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