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Prédication d’investiture du pasteur Richard Bott, 43e modérateur de l’Église Unie

Richard Bott, 43e modérateur de l’Église Unie du Canada.

Vous savez, j’aime les disciples de Jésus. En lisant les Évangiles, je peux très bien les imaginer. Ils sont pour moi bien réels et tout à fait humains.

Dans ce récit, une immense foule s’est rassemblée de façon inattendue, sur la colline, aux abords de la mer de Galilée, pour écouter les enseignements de Jésus. Ou était-ce le lac de Tibériade? Les deux noms sont mentionnés, un rappel que les gens qui écoutaient les paroles de Jésus – la foule qui était présente – faisaient partie d’un peuple opprimé qui vivait sous l’écrasant joug de l’Empire romain.

Ces gens étaient affamés sur bien des plans. Ils étaient affamés de liberté. Ils étaient affamés d’un lien plus profond avec les autres et avec Dieu. Oh oui, affamés pour un repas. Ils avaient longtemps marché et ils étaient prêts à écouter ce que Jésus avait à dire. J’aime croire que Jésus leur parlait d’une telle façon qu’ils ne voulaient absolument pas quitter les lieux, même pour chercher de la nourriture. Ils ne voulaient pas manquer un seul mot des propos de cet enseignant.

Ils étaient affamés de liberté. Ils étaient affamés d’un lien plus profond avec le autres et avec Dieu. Affamés pour un repas.

L’auteur de l’Évangile raconte que Jésus se tourne vers l’un de ses disciples et demande « Comment allons-nous nourrir ces gens qui sont affamés? Où allons-nous acheter le pain pour les nourrir? »

Nous connaissons bien la réponse de Philippe : « Ce n’est pas dans le budget. » Nous n’avons pas en poche six mois de salaire. Même si nous l’avions, cela ne suffirait pas pour les nourrir tous. » Philippe croit fondamentalement que cette mission est impossible. Nous n’avons aucun espoir de nourrir cette foule. Nous ne pouvons tout simplement pas.

Alors un autre disciple s’avance et propose, un peu à la blague, une solution possible. « Il y a ici un enfant qui a offert cinq pains d’orge et deux poissons. Mais c’est si peu, c’est presque rien pour un si grand nombre de personnes. » Nous connaissons aussi cette réponse, n’est-ce pas? « Et bien, j’ai quelque chose à offrir, mais ça ne fait pas tout à fait l’affaire. Ça ne fera pas vraiment une différence. » Nous n’avons aucun espoir de nourrir cette foule. C’est tout simplement impossible.

J’aimerais prendre un moment pour penser à cet enfant. Cet enfant, de la foule. Pas un enfant du cercle restreint. Pas un enfant des leaders de Jésus de tous les jours. Cet enfant était l’une des personnes qui avaient faim. Affamé de liberté. Affamé d’un lien avec les autres et avec Dieu. Affamé, oh oui, pour le repas. Pourtant, cet enfant, l’enfant de la foule, a dit « Tu peux l’avoir. » Cela n’avait pas d’importance s’il n’y en avait pas assez. Cet enfant a offert ce qu’il avait, en sachant qu’il pourrait rester sur sa faim en faisant ce don, mais prêt à donner ce qu’il avait pour aider.

Dans cette histoire, Jésus n’a pas commencé les mains vides. Il n’a pas exigé que le Créateur lui envoie du pain du ciel. Jésus a reçu le don, offert librement par un enfant du monde, et l’a multiplié. Et l’a multiplié. Et l’a multiplié encore. Jusqu’à ce que tout le monde – y compris cet enfant – soit rassasié. Et même plus encore. Ce don, multiplié par l’amour de Jésus pour toutes les personnes – disciples, foule, nous – est revenu en 12 paniers pleins – un nombre de perfection, suffisant pour nourrir TOUTE la planète. Une planète affamée de liberté. Pour les liens avec les autres et avec Dieu. Et pour le repas.

Il y a un personnage dans la production de BBC, Vicar of Dibly, qui dit souvent « Non, non, non, non, non, non, non, non… oui. » De plusieurs façons, c’est Philippe. C’est moi. En disant non, je ne vois pas que ça pourrait marcher, c’est impossible – jusqu’à ce que Dieu dise, « Oh, vraiment? » Combien de fois êtes-vous Philippe? Combien de fois votre communauté de foi donne-t-elle cette impression?

Il y a des fois où je suis André – « Oh non, ce que j’ai n’est pas suffisant », jusqu’à ce que Jésus dise, « Oh… vraiment? Donne-moi ce que tu as trouvé. Maintenant, voyons ce qui se produit. » Combien de fois êtes-vous André? Combien de fois votre communauté de foi donne-t-elle cette impression?

Cet enfant, c’est aussi nous. C’est nous à notre meilleur, cet enfant, c’est le monde à son meilleur – lorsque nous sommes prêts à offrir sans avoir la moindre idée du résultat, mais en croyant que Dieu saura utiliser ce don – en ayant confiance que ce que Dieu fera de ce don, avec nous, sera suffisant pour rassasier la faim, les affamés de toute la planète.

Pour la liberté. Pour des liens plus profonds avec les autres et avec Dieu. Et, oh oui, pour le repas.

Cette faim se retrouve dans les rues, dans les reportages, dans nos médias sociaux, dans nos familles, dans l’isolement et la désolation qui se retrouvent dans la vie de nombreuses personnes.

Nous pourrions, bien sûr, être comme Philippe. Ou André. « Nous ne pouvons pas. »

Ou nous pourrions former un partenariat avec Jésus, comme cet enfant. L’enfant de la foule. L’enfant du monde.

En partenariat, nous pourrions tenter, nous pourrions oser, nous pourrions vivre l’amour du Christ – et voir tous ces affamés rassasiés.

Rendons grâce à Dieu.


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Prédication d’investiture de Richard Bott [PDF]

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