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Mon premier Conseil général à vie!

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| Par Stéphane Godbout |

 

Voici une partie de la petite histoire de ma participation au 43e CG de l’Église Unie, comme laïc engagé.

Stéphane GodboutPour qu’on comprenne cette histoire, je pense qu’il faut que je vous explique un peu mon parcours, qui je suis.

Mon nom est Stéphane Godbout. Je suis engagé dans ma paroisse comme laïc depuis maintenant 6 ans. De plus, je préside le conseil du Ministère régional des Laurentides, qui regroupe 9 petites paroisses, dont une francophone à Ste-Adèle. Ma paroisse fait partie du Consistoire du Québec, qui deviendra dans quelques mois la région 13 (à la suite de l’adoption de la nouvelle structure à trois paliers) et qui intègrera à peu près toutes les paroisses de la province, tant anglophones que francophones.

 

Ma nomination

Bien que ma paroisse francophone fasse partie du Consistoire du Québec, elle a établi des liens sincères avec le Consistoire Laurentien et avec les Ministères en français de l’Église Unie. Quand j’ai personnellement entendu parler de la tenue prochaine d’un CG, j’ai eu le sentiment que je devrais y participer : j’ai entendu une petite voix qui m’a interpelé, qui m’a demandé de proposer mon nom.

J’avais vraiment envie, comme laïc engagé, de participer à la vie démocratique de mon Église, de mieux comprendre ses grands défis, d’aller à la rencontre des personnes de foi provenant de partout au pays pour construire des ponts de solidarité et de compréhension, de sentir l’amour et la joie de Dieu, notamment, par toutes sortes d’expériences spirituelles (méga célébration dominicale, petites séances de prières en français, initiation à la spiritualité autochtone, etc.).

Après réflexion et discussion avec mon conjoint, j’ai transmis ma candidature au Consistoire et au Synode. Avec un peu de surprise et beaucoup d’enthousiasme, j’ai été choisi et j’ai été appelé à y participer. C’est de cette manière très simple que, cet été, j’ai pris la décision de consacrer une semaine de mes vacances annuelles aux travaux de notre Église, au niveau national.

 

La préparation

Lorsque j’ai soumis mon nom, je ne savais pas vraiment tout ce que cela avait comme implications. Mais rapidement, des équipes du national, des Ministères en français, du Synode et du Consistoire sont entrées en communication avec moi, de diverses manières, pour me guider, me soutenir, m’orienter dans mon rôle de délégué.

Comme tous les participants, plusieurs semaines avant le CG, j’ai reçu le cahier de propositions (plusieurs dizaines de pages). C’est avec plaisir et attention que j’ai pris le temps de lire toutes ces propositions qui cherchaient à traduire des rêves, des visions, des actions et des transformations pour l’Église des prochaines années. Ce fut un travail difficile, car les propositions n’étaient pas traduites en français, bien que certains documents de préparation en français ont été fournis. Dans cette période de profonds changements dans l’Église, j’étais souvent ému par l’amour, l’espérance et les peurs que ces propositions traduisaient.

Pour poursuivre ma préparation, chaque semaine, j’ai aussi regardé un webinaire d’une heure qui permettait d’avoir plus d’information et de poser des questions d’éclaircissement sur les propositions. C’est à ce moment que j’ai bien compris l’importance du rôle que mon Synode m’avait confié comme délégué. Des centaines de personnes de partout, semaine après semaine, participaient avec sérieux et assiduité aux travaux de préparation.

C’est aussi lors d’un de ces webinaires que j’ai constaté que la proposition du Synode Montréal et Ottawa visant à assurer une présence francophone dans les instances de l’Église était pour susciter des interrogations et de l’incompréhension. Il est devenu clair que cette proposition allait devoir d’être expliquée, défendue et, possiblement, modifiée pour être compatible avec le nouveau modèle de gouvernance que l’Église cherche à mettre en œuvre. Ma question a été tout de suite : « Suis-je prêt pour ce travail ? » Je n’ai pas été en mesure de trouver en moi une réponse claire, mais j’ai poursuivi ma route en direction d’Oshawa.

 

Les travaux sur la représentation des francophones

À mon arrivée sur les lieux du rassemblement, j’ai été heureux de revoir des personnes que je connaissais déjà. Cathy Hamilton, une de mes pasteures, a été la première que j’ai croisée. Quand tu te retrouves au milieu d’un si grand événement, tu te rends compte à quel point il est important et rassurant de te mettre en relation rapidement, de rencontrer des gens, de développer des liens. C’est par ces liens que tu te sens moins seul parmi tout ce monde qui semble se connaître, se reconnaître.

Les travaux ont commencé, et il est devenu clair que notre proposition sur la représentation des francophones dans les instances était formulée de manière mal adaptée au modèle de gouvernance que l’Église cherche à implanter : un nouveau modèle qui s’éloigne de celui de la représentation et qui se rapproche de celui d’une gouvernance plus ouverte et flexible, avec un processus de nomination visant à assurer une présence et à donner une voix à une diversité de personnes qui reflètent la diversité de la société d’aujourd’hui.

La proposition d’abord envisagée à la suite des travaux des groupes de discussion était de ne pas donner suite à la proposition du Synode Montréal et Ottawa. Avec une très grande ténacité, Cathy Hamilton a proposé un amendement qui avait pour but de donner à la nouvelle Table des ministères en français le pouvoir de proposer directement des candidatures aux comités de nomination aux instances de l’Église.

Comme plusieurs personnes, dont un bon nombre d’anglophones et d’Autochtones, je suis intervenu en faveur de cette proposition d’amendement, en cherchant à mieux faire comprendre aux participants nos enjeux, notre volonté de participer et notre besoin d’être aimés et reçus. Je suis très fier du nombre d’interventions qui ont pris parti pour la proposition d’amendement présentée par Cathy et du vote très en faveur de l’amendement. J’ai constaté l’ouverture, l’amour et la recherche de compréhension mutuelle.

Finalement, la Table francophone aura le privilège de faire entendre sa voix en proposant des personnes qui pourront contribuer aux différentes instances de l’Église. Cette expérience réelle d’écoute et de prise de parole a été touchante, profonde et m’a transformé pour longtemps. J’aime mon Église !

2Réponses

  1. Nicole Hamel says:

    Merci Stéphane pour ce résumé de ton cheminement et implication au C G. Cela me donne espoir pour la voix des francophones dans notre Église. Au plaisir de te revoir et de collaborer éventuellement.

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