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Lettre de la modératrice : Un désaccord empreint d’amour

Être une communauté ouverte et inclusive, qui croit en Dieu

Chère famille de l’Église Unie,

 

La décision du sous-exécutif du Synode de Toronto (en anglais) qui demande au Comité judiciaire du Conseil général de tenir une audience formelle afin d’évaluer la pertinence de mettre le nom de la pasteure Gretta Vosper sur la liste des membres de l’ordre ministériel en cessation de service (disciplinaire) a suscité beaucoup d’émoi dans certaines de nos communautés.

photo_moderator-jordan-cantwellLes avis au sein de l’Église à savoir s’il convient à une personne autoproclamée athée de demeurer membre du personnel ministériel diffèrent. Les lettres, les courriels et les appels téléphoniques que moi et d’autres avons reçus et dont les contenus varient grandement l’attestent. Au cœur des inquiétudes exprimées se vit une tension entre deux valeurs fondamentales qui sont des éléments clés de notre identité en tant qu’Église Unie. La première de ces valeurs est notre foi en Dieu, et la deuxième est notre engagement à être une Église ouverte et inclusive.

La Confession de foi de l’Église Unie commence par l’énoncé suivant : « Nous ne sommes pas seuls. Nous vivons dans le monde que Dieu a créé. » La foi en Dieu est le fondement de notre identité comme chrétiens et chrétiennes et comme Église. Toutefois, le langage que nous utilisons pour décrire Dieu et pour comprendre comment Dieu œuvre dans nos vies et dans le monde varie considérablement. L’ouverture à la diversité quant à la pensée et aux croyances est l’une des qualités de l’Église Unie que nombre de gens apprécient.

Les déclarations de foi officielles que notre Église a approuvées au cours des années attestent de l’importance que revêtent ces deux valeurs fondamentales. Chacune de ces déclarations affirme notre foi en un Dieu trinitaire. En les adoptant toutes comme doctrine, nous nous sommes intentionnellement dotés d’une énorme latitude quant à la façon de penser et de parler de l’ultime et indicible mystère – Dieu.

Suivant l’exemple de Jésus, nous aspirons à être une communauté ouverte et inclusive qui accueille tous les gens, peu importe leur parcours spirituel. Nous célébrons le fait que nos paroisses sont des lieux où toutes et tous sont les bienvenus et ont leur place, peu importe ce à quoi ils croient ou ne croient pas.

Cependant, nombre de gens ont des attentes différentes à l’endroit de celles et de ceux qui sont en position de leadership ministériel et qui se sont engagés à enseigner et à proclamer la tradition de foi de l’Église ainsi qu’à présider aux sacrements. L’idée selon laquelle une personne athée pourrait faire partie du personnel ministériel d’une paroisse de l’Église Unie les laisse perplexes. Pour certains et certaines, une telle situation refléterait tout naturellement notre engagement à être une Église ouverte, inclusive et en questionnement. Pour d’autres, il s’agit d’une violation de l’alliance à laquelle un pasteur ou une pasteure a adhéré lors de son ordination ou sa consécration. Comme c’est le cas pour tant d’enjeux au sein de notre Église, les points de vue abondent.COPENHAGEN

Ce n’est pas à moi de défendre ou de critiquer la décision du sous-exécutif du Synode de Toronto. Des membres fidèles et bienveillants de l’Église Unie ont pris cette décision dans la prière et la foi. Cette décision leur revenait. Comme c’est le cas pour tous les sujets litigieux, il y aura des gens qui ne seront pas d’accord avec la décision prise. Je ne me prononcerai pas non plus sur le ministère de madame Vosper. J’estime qu’en tant que modératrice, cela serait inapproprié, notamment parce que ce dossier est toujours devant une assemblée décisionnelle de l’Église.

Ce que je souhaite dire en tant que modératrice, c’est que la diversité au sein de notre Église a été et demeurera toujours génératrice de force tant que nous veillons à ce que ces différences ne nous divisent pas.

Il est bon que ce dossier nous tienne à cœur. Cela témoigne de la grande importance que nous accordons à notre foi et à nos communautés de foi. Cette discussion n’est pas terminée et elle ne fait peut-être que commencer. Nous devons nous assurer que nos églises sont des lieux sécuritaires où nous pouvons discuter en toute honnêteté et franchise, et sans jugement, de nos croyances et de nos attentes à l’endroit de nos leaders spirituels. Pour ce faire, nous devons nous parler avec amour et avec bienveillance, les uns envers les autres comme envers l’Église. Nous devons aussi résister à la tentation de rejeter ou de vilipender les personnes avec lesquelles nous sommes en désaccord.

Parlons-nous et écoutons-nous avec compassion et humilité, en tentant de comprendre, même lorsque nous sommes en désaccord. C’est cela, être une communauté ouverte et inclusive, qui croit en un Dieu d’amour et qui cherche à marcher dans les pas de Jésus.

Enfin, je fais appel à tous les membres, adhérents et adhérentes, amies et amis de l’Église Unie, pour qu’ils portent dans leur cœur et incluent dans leurs prières notre sœur Gretta Vosper, la communauté de la West Hill United Church, le Consistoire Toronto Southeast et le Synode de Toronto, ainsi que tous les membres du Comité judiciaire du Conseil général, au cours des jours, des semaines et des mois à venir. Puissions-nous recevoir la force et la grâce de nous aimer véritablement les uns les autres, avec générosité et humilité.

 

Avec vous dans la foi,

Jordan Cantwell, pasteure et modératrice

L’Église Unie du Canada

 

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