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Les épidémies : un récit personnel, pour la famille et les proches

 

| par Robert Verrall, aîné en résidence à la Mission communautaire de Montréal |


Ce texte provient du Projet amal* : Histoires d’espoir qui a émergé dans le contexte de la pandémie de la COVID-19 au printemps 2020. Il se rattache à la série La mission SAGE sur le travail que la  Mission communautaire de Montréal (MCM) et l’Église Unie Saint-James réalisent en étroite collaboration, au centre-ville, pour créer une communauté incluant certaines des personnes les plus vulnérables de notre collectivité.

*Amal signifie « espoir » en arabe.


 

 

 

Si vous avez vécu jusqu’à l’âge de 92 ans, vous avez fort probablement été témoins de plusieurs épidémies. Voici, en bref, quelques événements que j’ai vécus au fil de ma vie.

Un jour, notre père nous a parlé de la grippe espagnole, qui, en 1918, s’est propagée dans le monde entier. À l’époque, adolescent, il était horrifié à la vue des camions plate-forme qui transportaient les corps vers des lieux de sépulture, là où on pouvait en trouver.

Enfants, nous savions ce qu’était la variole. Il n’était pas rare de voir des personnes âgées dont le visage portait des cicatrices, la signature de cette maladie. À cette époque, il existait un vaccin. Prenant notre courage à deux mains, nous recevions notre premier vaccin de notre médecin, à la maison. J’ai conservé mon livret de certification internationale attestant que j’avais été vacciné. Vous deviez montrer ce livret, avec votre passeport, lorsque vous voyagiez à l’étranger. La dernière fois qu’il a été estampillé, c’était en 1971. À ce moment-là, la variole, cette maladie jadis mortelle, avait été éradiquée, une victoire pour la médecine.

Un jour – je devais avoir six ou sept ans – mon enseignante a remarqué que j’avais une éruption cutanée, et l’infirmière scolaire m’a renvoyé à la maison. J’avais la rougeole! Mon frère aîné Arthur et mes sœurs cadettes Dorothy et Evelyn en étaient sûrement atteints aussi. À cette époque, c’était l’une des maladies parmi d’autres maladies dites infantiles. Tous les enfants les contractaient : les oreillons, la varicelle, la coqueluche, la rubéole, la scarlatine. Cette dernière était connue comme une maladie très douloureuse et dangereuse. La quarantaine était imposée pour toutes ces maladies. Rarement mortelles, elles entraînaient parfois des effets secondaires, qui pouvaient se manifester à l’âge adulte.

En 1937, lorsque j’avais 9 ans, une grave épidémie de polio a éclaté et s’est répandue dans une grande partie du Canada et des États-Unis. On surnommait cette terrible maladie, qui menaçait particulièrement les enfants, la paralysie infantile. Les écoles, les aires de jeux et les piscines étaient fermées. Les parents gardaient leurs enfants à la maison. Pendant des semaines, nous jouions au Monopoly sur la véranda de notre maison. Tous les jours, les journaux publiaient des articles sur le sujet, avec des photos montrant des enfants handicapés par ces maladies. Certains enfants devaient être placés dans des poumons d’acier pour respirer. Durant ces années, nous avions tous très peur.

En 1955, j’ai épousé Marion Easun, une camarade d’école, et nous avons eu cinq enfants. (George n’était pas encore parmi nous). Cette année-là, Jonas Salk, un médecin américain, a mis au point le vaccin contre la polio, vaccin qui porte depuis son nom. Le monde entier a poussé un soupir de soulagement, la polio ayant causé de terribles ravages partout où elle avait frappé. Nos enfants, qui avaient reçu tous les vaccins offerts à l’époque, reçurent immédiatement le vaccin de Salk.

Le vaccin contre la rougeole n’a été mis au point qu’en 1963. Cette dangereuse maladie avait déjà fait des ravages parmi nombre d’enfants, causant de grandes souffrances. Fort heureusement, les autorités scolaires exigent aujourd’hui l’administration de ce vaccin aux enfants. Les adultes qui n’ont pas été vaccinés parce qu’ils ont eu la rougeole lorsqu’ils étaient enfants sont vivement encouragés à se faire vacciner.

La tuberculose, un fléau qui frappait les populations depuis des siècles, nous hantait à l’âge adulte. C’est encore le cas dans certains pays. Notre employeur exigeait que nous subissions des radiographies, et je me souviens qu’un de mes collègues avait dû passer une année dans un sanatorium avant de pouvoir retourner au travail. Mon cher père, qui avait subi une radiographie, n’a ouvert l’enveloppe contenant le rapport qu’au bout d’un an, ma mère ayant insisté pour qu’il le fasse. Il n’avait pas la tuberculose! Ma vie et celle de ma famille n’ont pas été directement touchées par cette maladie, qui existe encore, mais pour laquelle il y a maintenant un traitement médical.

Cette histoire personnelle est inspirée de la pandémie qui sévit actuellement. Nous sommes assurément inspirés par les efforts héroïques que déploient, pour le bien-être de l’humanité, toutes les personnes qui œuvrent dans les domaines médicaux et scientifiques. Je suis ému en pensant à toutes celles et tous ceux qui cherchent, dans l’urgence, un vaccin pour stopper cette épidémie de coronavirus. De tels efforts ont été déployés tout au long de l’histoire, une histoire épique jalonnée de dévouement légendaire qui a amélioré la vie de l’humanité entière.

Je termine ce bref témoignage avec une question préoccupante : Pourquoi certains soi-disant spécialistes affirment-ils que la vaccination tue les enfants? La deuxième question que je me pose est : Pourquoi des gens, qui sont prétendument intelligents, croient-ils en de telles balivernes?

 

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