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Le combat d’une famille pour le droit à l’asile

Georgina Flores, lors d’une célébration du Jour des morts (Día de los Muertos) dans l’édifice de l’Église Plymouth-Trinity, octobre 2022. Photo : Lunkenbein Photography

L’Avent est une période de grande anticipation qui comporte beaucoup d’attente. C’est du moins ce que vivent Georgina, Manuel et Manolo depuis maintenant plus d’un an. Le 8 novembre 2021, par un beau lundi d’automne, la famille Rodriguez-Flores a emménagé dans l’espace de la chapelle de l’Église Unie Plymouth-Trinity. Cette pièce, qui accueillait des réunions intimes de prière, est maintenant le lieu de vie d’une famille qui y a trouvé refuge pour éviter l’expulsion vers sa ville d’origine, Torreón, au Mexique. Au lieu de monter à bord d’un avion, la famille a fait, en dernier recours, une demande d’asile dans une église de la ville pour éviter la violence des membres de puissants cartels de la drogue et, probablement, la mort. Le gouvernement canadien, qui venait de rejeter sa demande d’appel à la suite d’un « examen des risques avant renvoi » traité inadéquatement, est par la suite resté muet sur les limitations frustrantes des critères d’admissibilité du système canadien de détermination du statut de réfugié.

En décidant de dire oui à cette demande, ma communauté ecclésiale, composée de membres plutôt vieillissants, a fait preuve d’un acte de foi tout à fait miraculeux. Ces dernières années, nous avions plutôt tendance à renoncer aux grands projets épuisants, et à accepter comme un fait la baisse d’énergie de la communauté. Je pense que nous avons dit oui à cause du court délai et parce que le sentiment d’urgence était immense. Pour être tout à fait honnête, si nous avions eu plus de temps pour y réfléchir, nous n’aurions peut-être pas été aussi disposés à accepter. Quand je pense à Marie, la mère de Jésus, enceinte de plusieurs mois et peut-être en douleurs, qui se déplaçait à pied, loin de chez elle, cherchant désespérément un endroit sûr et chaud où se reposer et donner naissance à son bébé, je me dis que l’aubergiste bouleversé et bienveillant ressemble un peu à notre paroisse. Nous savions que d’autres avant nous avaient déjà dit non pour différentes bonnes raisons. De notre côté, nous disposions d’un espace que nous ne considérions pas comme idéal, mais, honnêtement, nous étions dépassés par les événements. Nous ne savions pas où cela nous mènerait, mais nous avons quand même dit oui. Je me suis sentie personnellement interpellée comme jamais auparavant. Nous avons travaillé très fort et fait de notre mieux pour préparer le terrain. Nous avons ouvert les portes, passé l’aspirateur sur le tapis et déplacé les chaises, et nous sommes devenus des parties prenantes dans une situation qui échappait presque totalement à notre contrôle. Notre mobilisation et la patience nourrie par la foi de notre communauté ont façonné la vie de la famille Rodriguez-Flores au cours de la dernière année.

Jésus nous a demandé d’accueillir l’étranger. Il nous a demandé de protéger l’innocent, et de défendre celui qui avait été jugé injustement. Nous ne savons jamais où et quand nous trouverons le Christ parmi nous, mais il ne fait aucun doute pour moi que l’acte le plus important auquel j’ai pris part en tant que chrétienne a été de dire oui sans hésitation lorsque les membres de cette famille, qui étaient à l’époque des étrangers, ont demandé de l’aide. Je prie chaque jour pour qu’ils puissent sortir au grand jour et poursuivre leur vie, et pour qu’ils comblent la communauté de leurs immenses dons et de leur esprit créatif. Je ne peux pas envisager de les voir passer un autre Noël à l’intérieur des murs de notre église. Je prie donc pour que leur long temps de l’Avent se transforme en une fête de Noël, en un Noël qui fera de nouveau briller les étoiles et produira des miracles dans d’humbles habitations humaines.

Si vous lisez ce texte et qu’il ne comporte pas d’addenda, cela signifiera que la famille Rodriguez-Flores est toujours confinée dans notre église. Vous pouvez apporter votre aide en participant à notre campagne d’envoi de lettres, en contribuant à la collecte de fonds pour les services juridiques de la famille ou en diffusant largement son histoire.

– Shanna Bernier est responsable du soutien des programmes du Ministère des jeunes et des jeunes adultes du Conseil régional Nakonha:ka, membre de l’Église Unie Plymouth-Trinity et mère de deux merveilleux enfants. Elle aime cuisiner, lire des livres pour enfants et susciter un intérêt pour la justice sociale chez les jeunes.

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