L'Église Unie du Canada

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L’âme de nos communautés 2 | La prise de risques de la foi

| SÉRIE D’ARTICLES DE PATRICIA LISSON |


Une réflexion pratique sur l’espoir et le potentiel adaptatif de la foi.

Cliquer ici pour voir toute la série.


 

Dans le texte d’introduction de la série L’âme de nos communautés, Patricia Lisson présentait la notion de changement de paradigme pour décrire les transformations majeures qui surviennent à certains moments dans notre compréhension du monde.

Poursuivant sa réflexion pratique, elle propose dans ce deuxième article quelques clés pour nous aider à nous concevoir comme participantes et participants actifs dans des contextes où le déclin et la perte pourraient ne créer que du découragement.

Après un détour pour considérer nos réflexes et nos peurs comme êtres humains, la démarche pose des questions courageuses sur la foi et du point de vue de la foi.

 

La conscience d’être dans un moment charnière

Dans un article du Washington Post paru le 14 octobre 2001, l’auteur Joel Garreau décrit les moments charnières de l’histoire comme étant des axes autour desquels nos vies passent d’un monde à un autre. Il est par la suite difficile de se rappeler à quoi ressemblait l’ancien monde, ou quel en était le sens. Voilà qui nous rapproche de la dimension concrète d’un changement de paradigme, et qui nous amène à nous demander jusqu’à quel point cette transformation majeure nous atteint et dans quelle mesure nous pouvons jouer un rôle actif dans le mouvement en cours.

Pour y réfléchir, prenons le changement de paradigme que vit l’Église Unie du Canada au présent. Par rapport à la tradition qui s’était implantée sur plusieurs décennies, nous sommes aujourd’hui confrontés à des obstacles qui semblent insurmontables : la baisse du nombre de membres, le peu d’empressement à faire partie des comités, le vieillissement des communautés et le fardeau financier des paroisses actives.

Le changement de paradigme qui ainsi se dessine nous a amenés à réorganiser notre structure et nous pousse à renouveler notre vision du ministère dans différents contextes de communautés : un milieu, un quartier, une ville, une région, une province, un pays et le monde. Pour surmonter le découragement que peuvent susciter le déclin et la perte d’éléments importants du passé, nous devrons être des participantes et des participants actifs, dialoguer avec Dieu et avec nos communautés de référence, et réimaginer l’appel de Dieu dans notre monde en pleine évolution.

 

L’espoir et la perspective de faire des choix

D’abord, le changement de paradigme nous place devant la nécessité ou la possibilité de faire des choix. Quelle voie prendre comme peuple pascal? Est-ce l’avenue Statu quo ou le chemin qui passe par la redéfinition de qui nous sommes? Comme paroisse ou communauté de foi, comment allons-nous décider de l’orientation à prendre, et quelles seront les prochaines étapes à franchir?

Déjà, donc, nous avons l’option de réimaginer notre cheminement en pensant aux aspects positifs de la situation – ou the upside of down, expression qui signifie que l’espoir peut être ranimé, même dans les situations à connotation négative. À ce propos précisément, dans son livre salué par la critique et intitulé The Upside of Down: Catastrophe, Creativity and the Renewal of Civilisation, le politologue canadien Thomas Homer‑Dixon fait valoir que le dysfonctionnement croissant que connaissent les sociétés peut effectivement mener à l’effondrement de l’ordre mondial. Toutefois, dit-il, si nous pensons aux aspects positifs de la situation, cet effondrement pourrait créer des occasions de mettre en place des réformes innovatrices qui engendreraient une civilisation renouvelée. Pourquoi cette vision des choses ne s’appliquerait-elle pas également à la religion?

 

Nos réflexes et les défis à relever

En présence de situations qui s’écartent brutalement de la norme ou du statu quo, la réaction la plus fréquente consiste toutefois à voir l’aspect négatif du changement de paradigme. Autrement dit, notre réflexe est de chercher des problèmes dans la solution plutôt que de chercher des solutions au problème.

La conscience d’être dans un moment charnière et la faculté de penser aux aspects positifs de la situation ne tombent pas du ciel. Cela dit, nous devons peut-être mettre à niveau nos cellulaires (ou nous en débarrasser) pour recevoir le message de Dieu qui nous appelle à accueillir ces conditions extrêmes et à accéder au monde de possibilités qu’elles viennent ouvrir.

Vers quel monde nous dirigeons-nous? Qu’est-ce qui est en train de prendre forme? Un mouvement a été déclenché, et il est plausible de considérer que les solutions apparaîtront graduellement à la suite des défis sociaux, culturels, politiques, économiques et religieux qui nous poussent à mieux comprendre, à vivre de nouvelles expériences et à trouver des explications à ce que nous connaissons.

Les déclins et les crises sont des moments propices pour affronter nos peurs et prendre le risque de partager fièrement le message évangélique d’amour et de justice. Cette démarche risquée implique que, comme personnes et comme Église, nous posions des questions difficiles et tentions d’y apporter des réponses honnêtes.

Qui sommes-nous?

Quelle place occupons-nous dans notre environnement? Quels sont nos liens avec celui-ci?

Avons-nous un impact sur la vie des personnes de notre communauté de foi?

Sur quels fondements théologiques nous appuyons-nous?

Une réponse à

  1. Beaudoin says:

    Superbe article!

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