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La technique et la baleine

COP21-008

Photo : David Fines. Projet « La baleine bleue », plus gros mammifère au monde.

Je devais aller, en début d’après-midi, à une grande rencontre des principales ONG présentes à la COP21, mais rendu sur les lieux, ce n’était pas ça. Changement de salle ? Changement d’heure ? Erreur du journaliste ? Toujours est-il que j’ai profité de ce contretemps pour visiter « La Galerie des solutions ».

Cette Galerie se trouve en retrait dans la Parc des Expositions du Bourget… je vais bientôt comprendre pourquoi. C’est là qu’ont dressé vitrine les multinationales et les grands de ce monde : Honda, SPIE (leader européen des services dans les domaines de l’énergie et des communications), la Pekin Yuan TaiDa Société (Techonologie de l’ECOprotection),  US Commercial Service, The Business Council for Sustainable Energy, Dubai, l’Arabie Saoudite sont là… Bon vous voyez le genre. Je marche sur de beaux tapis soigneux, je grappille bouchées, hors d’œuvres ou fruits confits à tous les deux stands ; on y vante les bâtiments intelligents, les villes futuristes, le nucléaire, la récupération des gaz d’échappement, le solaire dernier cri, le captage du CO2 par les algues… Quelle différence avec la foire des ONG !

Bon, il faut croire que tout ce rutilant fait aussi partie des COP, mais comme je dois quand même trouver quelque chose à mettre dans ma chronique quotidienne, il me faut quitter de lieu de rêve high-tech. A la sortie, on me fouille des pieds à la tête, la garde de sécurité a même examiné les semelles des mes chaussures, croyant sans doute que j’y dissimulais  des secrets industriels ou de la poudre d’uranium.

De retour dans le Centre de presse, j’assiste à une Conférence de presse de Ségolène Royal ; ministre de le France l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, qui annonce le lancement du « Pacte de Paris » proposant que la  gestion mondiale de l’eau se fasse dorénavant par bassins versants et non plus par intérêts nationaux ou industriels. « Si nous n’agissons pas, l’eau aura sa part dans la majorité des conflits à venir. » Elle ajoute aussi qu’en plus de la gestion des ressources de  Pacte de Paris, il faut avoir en tête deux autres pistes d’action : la pollution et la surexploitation. En peu de mot, beaucoup de belles choses.

Je vais ensuite à une conférence de l’auteur et écologiste mondialement connu James Hansen qui souligne à grand traits à quel le réchauffement climatique est une catastrophe. « Nos parents ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Nous ne pouvons pas prétendre ne pas savoir. » Il ajoute que l’Accord de Paris (car il y en aura eu) ne sera qu’un Kyoto+ ; « Comment ce qui n’a pas marché un avant, pourrait-il marcher aujourd’hui ? Et on va se péter les bretelles ? » (Ma traduction.) Il en appelle à une refonte e l’économie mondiale et surtout à un juste coût pour toute utilisation du carbone.

Dernière étape avant de rentrer, une présentation du Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU. Je me laisse pour poser une question que l’on m’a suggérée : « Quelle part des 100 milliards$ par année promis par les pays riches va aller pour les personnes déplacées ? » On ne sait pas exactement, mais il est sûr que ce devra être des sommes importantes.

Et la baleine dans tout ça ? Le matin, je suis allé voir l’œuvre d’un artiste picard (de Picardie) sur les bords de la Seine presque aux pieds de la fameuse tour : une baleine bleue grandeur nature (33,60m de long) pour témoigner du danger d’extinction qui menace cette espèce, la plus grosse de toute l’histoire de la terre ; il n’en resterait qu’entre 2 000 et 3 000. Et j’ai découvert que la baleine bleue aide à réguler le climat. En effet elle produit chaque jour des tonnes d’excréments qui deviennent la nourriture favorite du plancton. Mmmmm. Or, le phytoplancton, que la baleine bleue nourrit, est un implacable piège à carbone : il a besoin de CO2 pour croître. Il le capte à la surface des océans. Ensuite, quand il meurt il tombe au fond de l’eau en emportant avec lui le CO2. CQFD.

 

 

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