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La résilience de la compassion – Lettre de Jordan Cantwell, pasteure et modératrice

Chers membres et amis-es de l’Église Unie,

 

C’est le cœur lourd mais malgré tout avec espérance que je vous écris. Les actes terroristes atroces perpétrés durant le dernier mois à Paris, Beyrouth et Bagdad semblent indiquer le début d’une nouvelle phase de terrorisme. Notre sollicitude s’épanche vers toutes ces personnes dont les vies ont basculé dans la douleur, la peur et le chaos en conséquence de ces actes barbares. Et pourtant, au milieu de la peine et de la douleur, nous avons vu des expressions de ce qu’il y a de meilleur dans l’être humain. Un ami qui sauve la vie d’un autre alors que pleuvent les balles, un père de famille qui refuse de répondre par la haine au meurtre de sa femme, et des groupes communautaires qui, malgré ce qui s’est produit, insistent pour garder leurs portes ouvertes à l’accueil des réfugiés syriens. Ce sont là de vivants témoignages de la résilience de la compassion.

Jordan-CantwellEn tant qu’Église, nous avons prié pour toutes les victimes meurtries par ces événements. Nous faisons nôtre aussi cette déclaration récente du Conseil œcuménique des Églises : « Face à cette brutalité, tous les gens de foi et de bonne volonté doivent se rassembler pour renouveler leur engagement de se respecter et de s’aider mutuellement, de se protéger les uns les autres et de prévenir de telles violences. »

Il y a une prise de conscience politique croissante à l’effet qu’on ne peut s’opposer efficacement à ce genre de terrorisme par les moyens de guerre traditionnels. La confrontation de la brutalité du terrorisme organisé va exiger plusieurs années d’une résistance bien coordonnée. À ce point de vue empreint de sagesse, nous ajoutons notre conviction de disciples de Jésus : l’amour est la seule puissance suffisamment forte pour vaincre la haine et la mort. La résistance enracinée dans l’amour est notre meilleur espoir de faire échec au terrorisme.

Il ne fait aucun doute que cette conviction sera mise à l’épreuve dans les années à venir. Les derniers évènements ont démontré que nous sommes tous vulnérables aux attentats terroristes. Des gens de partout au monde et de toutes confessions religieuses en ont été les cibles. Lorsque le terrorisme fait irruption près de chez nous, il peut devenir tentant de projeter nos peurs sur nos voisins, de transformer en ennemis des gens qui s’habillent, agissent ou qui prient de façons différentes des nôtres. En de tels moments, nous devons nous accrocher à notre foi en la puissance de l’amour à vaincre le mal. L’hostilité et la méfiance ne font que nourrir la peur qui conduit à davantage de violence. Nous devons faire le choix de la solidarité avec nos voisins – au proche comme au loin – de toutes confessions religieuses et arrière-plans, en union avec toutes les personnes de bonne volonté, et ainsi résister à la haine et à la division que le terrorisme cherche à susciter.

Le refus de se laisser embourber dans la peur et la haine requiert courage et discipline. Personnellement, je trouve dans la pratique de la prière quotidienne une grande source de force et de courage. Je nous invite toutes et tous à prier pour notre gouvernement, pour nos agences chargées de l’application de la loi, pour nos services de sécurité ainsi que pour nous-mêmes – une prière pour la sagesse de confronter cette menace en faisant preuve de résilience et de prendre soin des principes démocratiques qui nous définissent comme peuple.

Mettre de l’avant ce qui est bon et vivifiant au sein de nos communautés est également une forme précieuse de résistance. L’Église Unie s’implique dans le parrainage de réfugiés au Canada depuis 1979, une grande bénédiction autant pour nous que pour les personnes parrainées. Partout dans l’Église, des paroisses se préparent à l’arrivée des réfugiés syriens au Canada. Nous devons résister aux peurs qui demandent de retirer notre soutien aux réfugiés syriens et nous souvenir que l’immense majorité de ces gens sont les victimes de ce même terrorisme qui nous confronte.

En tant qu’Église, nous avons aussi une longue histoire de tisser des relations respectueuses avec les communautés musulmanes, au Canada et même ailleurs dans le monde. Une des stratégies des terroristes est de susciter la division entre citoyens musulmans et non-musulmans afin de créer une guerre de civilisations. Dans un tel contexte il est plus que jamais important que l’Église consolide ses liens avec ses voisins musulmans, en proposant des visites entre paroisses et communautés pour ainsi affirmer que tous et toutes ensembles nous sommes canadiens.

En ces moments difficiles et inquiétants, trouvons notre inspiration en Celui que nous nommons la véritable et l’unique tête de l’Église. À nouveau, mettons en pratique ce que signifie être à la suite de Jésus : vivre avec compassion, être courageux dans la foi, résister au mal et à la haine, et croire qu’ultimement l’amour sera victorieux.

Grâces soient rendues à Dieu pour le travail que vous accomplissez toutes et tous en ces temps difficiles.

 

Jordan Cantwell, pasteure et modératrice

L’Église Unie du Canada

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