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La représentation francophone

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| Par Suzanne Grenier |

 

Le 43e CG de l’Église Unie opte pour des modes de représentation souples et crée un canal de collaboration avec la nouvelle Table des ministères en français.

Groupe de discussion à la plénière du 43e CG

Groupe de discussion se mettant dans l’esprit de la plénière au 43e CG

 

Après les premières phases de ses travaux, consacrées d’abord à l’écoute puis à la discussion en groupes de l’ensemble des thèmes appelant des décisions, le 43e CG s’est prononcé sur une proposition touchant la représentation francophone au sein des nouvelles structures de l’Église Unie. Rappelons qu’une « révision globale » visant l’allégement général des structures a entraîné la disparition du Consistoire laurentien, qui était depuis 1985 le principal lieu de décision et d’expression identitaire francophone au sein de l’Église.

Provenant du Synode Montréal et Ottawa, une instance qui cessera aussi d’exister avec le nouveau modèle, la proposition originalement soumise au 43e CG demandait qu’au moins quatre sièges du nouveau Conseil ecclésial soient dédiés aux représentants et aux représentantes des Ministères en français, et qu’un ou deux sièges leur soient dédiés à l’exécutif du même Conseil.

La phase de discussion en groupes sur le thème de la gouvernance a toutefois mené à un rapport qui recommandait à la plénière décisionnelle du CG de ne pas s’orienter vers ce type de représentation – cela tout en notant que les groupes soutiennent l’importance de l’inclusion et de la voix des francophones.

 

UN TRAVAIL DE LA DÉLÉGATION FRANCOPHONE, SUIVI D’UN APPUI MASSIF

Les personnes rattachées aux Ministères en français ont toutefois poursuivi leur travail d’influence à cette étape préliminaire. Appuyée par Nicole Beaudry, membre de l’exécutif du CG, la pasteure Cathy Hamilton, du Ministère régional des Laurentides, a proposé un amendement au rapport du groupe de discussion, afin d’amener la plénière à se prononcer sur une motion habilitant la Table des ministères en français à désigner des candidats et des candidates au Comité des nominations pour siéger aux divers conseils et comités de l’Église.

Lors de la plénière décisionnelle, Cathy Hamilton s’est exprimée en français et en anglais, pour mettre en contexte les demandes des francophones. « There will be great hurt », a-t-elle pressenti advenant le cas où l’enjeu d’importance pour les communautés en français ne serait pas bien compris par la majorité anglophone.

Les témoignages de plusieurs autres membres de la délégation francophone œuvrant dans divers contextes linguistiques – Stéphane Godbout, Carno Tchuani Jiembou, Marie-Claude Manga, Marc Grenon et Étienne LeSage – ont très certainement aidé toutes les personnes présentes à bien saisir la teneur de cet enjeu.

Un appui estimable est aussi provenu d’Elaine Jacobs, du synode autochtone (All Native Circle), qui a dit parler d’expérience : « Best wishes and intentionality is not enough. They need to be part of the structure. »

L’amendement a été reçu avec un très large appui, et c’est par une décision massivement majoritaire qu’une voie de collaboration importante a été créée entre le Comité des nominations et la Table des ministères en français à l’échelle nationale.

 

PAS DE « QUOTAS », MAIS UNE RECONNAISSANCE

Éric Hébert-Daly, le nouveau responsable des Ministères en français, explique que le refus de réserver des sièges à la représentation francophone s’inscrit dans un choix plus général de ne pas procéder par « quotas » pour favoriser la diversité et l’inclusion dans les instances de l’Église Unie.

 

 

Alors qu’il amorce son mandat, il est loin de faire un bilan négatif de la décision et en voit tout le potentiel : « C’est clair que les délégués n’ont pas voulu designer des sièges au Conseil ni à l’Exécutif dans la nouvelle structure. Oui, c’est peut-être décevant, mais nous avons obtenu une reconnaissance de la Table des ministères en français, qui aura maintenant une porte directe pour offrir des candidats potentiels pour différents postes. Le coprésident de la Table a été élu à l’exécutif du Conseil ecclésial lundi, et les critères des nominations incluent la recherche de gens avec de l’expérience dans les ministères en français. Donc, nous avons regagné un peu de terrain malgré les changements importants ».

De fait, la reconnaissance des voix francophones est déjà bien engagée dans le virage actuel. Le pasteur Samuel Dansokho, de la paroisse bilingue Église Unie Plymouth-Trinity, à Sherbrooke, a été élu à l’exécutif du Conseil ecclésial pour un mandat de six ans, débutant le 1er janvier 2019.

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