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La Pentecôte et l’inspirant miracle de la diversité

| MÉDITATION |

| Par Éric Hébert-Daly |


À Jérusalem vivaient des Juifs pieux, venus de tous les pays du monde. Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. Ils étaient remplis d’étonnement et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens? Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle?  (Actes 2,5-8, trad. : la Bible en français courant)

 


 

L’ARRIVÉE DU SAINT-ESPRIT SUR LES PREMIERS APÔTRES est souvent identifiée comme le moment de la naissance de l’Église chrétienne. Des langues de feu se sont alors posées sur la tête des disciples de Jésus, et une nouvelle capacité linguistique a fait son œuvre de façon miraculeuse. Les Juifs venus de partout dans le monde étaient étonnés de voir les apôtres parler dans la langue de leurs pays natal.

Quel est donc le miracle de la Pentecôte?

Parlant couramment le français et l’anglais, je voyage assez facilement d’un pays à l’autre. Quand je visite un endroit où la plupart des gens parlent une langue que je ne connais pas, j’ai tendance à vouloir trouver quelques mots, des phrases pour communiquer. Dans la majorité des pays, quand un étranger s’efforce de parler la langue locale, les gens natifs l’apprécient énormément. Ce n’est pas un miracle, mais en prenant le temps et en faisant l’effort, nous valorisons leur culture et leur langue.

Quand nous parlons du miracle de la Pentecôte, nous savons bien que les apôtres n’ont pas suivi de cours de langues pendant des mois en vue de la rencontre. Le miracle serait donc que, tout d’un coup, ils ont eu la capacité de parler des langues étrangères qu’ils ne connaissaient pas auparavant. Toutefois, je pense que le vrai miracle dans cette histoire est ancré dans le fait que les personnes rassemblées se sont mises, chacune, à bien les comprendre. Dans le contexte d’aujourd’hui, dans notre monde où les gens ne s’écoutent plus, cette constatation prend un sens profond.

J’ai passé une bonne partie de ma vie en politique partisane. J’ai connu tous ces débats d’idées où les perspectives sont figées, où les opinions sont agrippées à la certitude de toujours avoir raison. Si une idée vient de mon adversaire, elle n’est pas bonne. Et si elle semble avoir un certain mérite, il faut lui trouver des failles dans le seul but de la critiquer. Nous n’écoutons pas pour trouver le bon dans l’autre, mais uniquement pour démanteler son point de vue.

Quand on prête attention aux « discussions » qui ont lieu dans les médias sociaux – ou pire, aux enfilades de commentaires à la suite des articles des grands médias sur le Web – l’omniprésence de cette manière de ne pas vraiment communiquer saute aux yeux. Ce qu’il me semble en ressortir? Un tournant social assez marqué vers la polarisation des idées, une tendance à l’uniformité fondée sur une intolérance radicale devant la diversité de perspectives.

Le miracle de la Pentecôte a donc pour moi une résonance actuelle, et elle est loin d’être superficielle. Ce qui se produit dans cette histoire va au-delà de l’écoute. Les gens rassemblés peuvent s’entendre, ils peuvent comprendre, ils peuvent communiquer à même leurs différences : la diversité n’empêche pas le dialogue.

Dieu aurait pu faire en sorte que toutes les personnes rassemblées comprennent une langue commune, choisir d’uniformiser le monde, rendre les gens tous pareils. Mais c’est justement le contraire que l’Esprit divin a fait : il a embrassé la diversité et a rendu accessible le message d’amour du Christ à la multitude dans le contexte linguistique qui était propre à chacun.

Si nous, qui professons une foi chrétienne, voulons suivre l’exemple de Dieu, ne devons-nous pas reconnaître la décision qu’a prise l’Esprit-Saint ce jour-là? Ne devons-nous pas célébrer la diversité de la création de Dieu en lui rendant hommage? Nous devons savoir écouter notre prochain si nous voulons faire la preuve de notre amour – et que cet amour n’exige pas de lui qu’il soit d’accord avec nous! Jésus n’a pas mis de conditions au commandement « Aimez-vous les uns les autres ».

Nous pouvons être les auteurs et les auteures de miracles en reconnaissant et en valorisant la diversité. Dans la société où nous vivons, l’écoute et l’échange sont devenus contre-culturels, semble-t-il. Cela n’est pas sans rappeler le ministère de Jésus, qui renversait les attitudes typiques de son temps.

Alors, soyons tous allumés par l’Esprit-Saint pour insuffler un renversement semblable, car il y a tant encore à mieux comprendre.

 


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Une réponse à

  1. Christine Marie Gladu says:

    Quelle perle de mon frère dans la foi Éric Hébert-Daly. Voilà un commentaire que je vais méditer et garder pour les réunions de paroisses afin d’apporter la paix parmi mes paroissiens. Cette lecture fait ma journée et ma semaine.
    Merci !

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