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Journée pancanadienne de commémoration et d’action contre l’islamophobie

Vigile de solidarité à Québec. Photo : Olivia Lapierre-Fortin.

Dans une lettre au premier ministre, la modératrice Jordan Cantwell demande au gouvernement fédéral de désigner le 29 janvier comme Journée nationale de commémoration et d’action contre l’islamophobie.

Le 24 janvier 2018
Le très honorable Justin Trudeau
Premier ministre du Canada
Bureau du Premier ministre
80, rue Wellington
Ottawa (Ontario) K1A 0A2

Objet : Désignation du 29 janvier comme Journée nationale de commémoration et d’action contre l’islamophobie

Monsieur le Premier ministre,

Je vous écris au nom de l’Église Unie du Canada pour vous faire part de notre appui à la demande du Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) pour que votre gouvernement désigne, par décret ou proclamation, le 29 janvier comme Journée nationale de commémoration et d’action contre l’islamophobie, et ce le jour même ou avant le premier anniversaire de l’attentat à la grande mosquée de Québec. Cette demande a reçu l’appui d’un grand nombre d’organisations musulmanes et de partenaires communautaires. Une telle journée nationale de commémoration rassemblerait les Canadiennes et les Canadiens dans la mémoire des victimes de cet attentat et constituerait un moment précieux d’éducation publique sur les dangers de la haine, de l’intolérance et de l’islamophobie.

Les conséquences dévastatrices de cet attentat qui a coûté la vie à six musulmans rassemblés pour la prière dans leur mosquée, en plus de blesser gravement plusieurs autres personnes, requièrent toujours notre attention et notre réponse. Pour la première fois dans l’histoire du Canada, un lieu de culte a été la cible d’un acte de violence meurtrier du simple fait que les victimes étaient musulmanes. Semblables violence et extrémisme ont pour but de susciter la peur et la division à l’intérieur et entre nos communautés. Laisser place à la peur pour des motifs religieux ou raciaux, c’est offrir un sol fertile au foisonnement de la haine et de l’extrémisme. Toutes les personnes de foi et celles de bonne volonté se doivent d’œuvrer ensemble afin de promouvoir des pratiques spirituelles et sociales qui enracinent nos gestes et nos attitudes dans le terreau de l’amour.

La tragédie consiste aussi dans le fait que les six personnes tuées lors de l’attentat de 2017 étaient des hommes qui avaient immigré au Canada et qui étaient racisés. L’engagement de l’Église Unie du Canada en faveur de la justice raciale appelle à bâtir des relations justes avec les personnes de toutes les identités raciales, à établir un dialogue interreligieux et à s’opposer clairement à toute violence et discrimination au nom d’une supériorité raciale ou d’une intolérance religieuse, dont l’islamophobie. La politique antiraciste de notre Église stipule que « nous croyons que nous sommes toutes et tous égaux devant Dieu ».

L’Église Unie du Canada a reconnu dans l’Islam une religion de paix, de miséricorde, de justice et de compassion et a affirmé son désir de cheminer vers la réconciliation, la compréhension et la coopération avec nos voisins musulmans. Nous sommes engagés à œuvrer avec les musulmans et les musulmanes, ainsi qu’avec tous les gens de nos milieux, en faveur de la paix et de la justice pour toute l’humanité, et à chercher l’édification de relations justes entre nous.

À quelques jours du premier anniversaire de l’attentat de Québec, plusieurs membres de nos communautés souhaitent s’associer à d’autres personnes pour faire mémoire et agir pour mettre fin à l’islamophobie dans notre société. Comme le déclarait le Conseil national des musulmans canadiens : « La question qui préoccupe bon nombre de personnes est la suivante : comment pouvons-nous prévenir qu’un tel acte haineux et violent se reproduise envers les musulmans canadiens ou toute autre communauté religieuse? Avec la montée des groupes extrémistes qui continue de poser une menace à la sécurité des établissements et des congrégations musulmanes canadiennes, il est crucial que nos dirigeants s’opposent fermement contre l’islamophobie et les agents de sectarisme qui cherchent à provoquer une division haineuse entre les Canadiens et les citoyens musulmans. Nous ne pouvons permettre à des voix de haine, même celles qui semblent de premier abord inoffensives, de s’infiltrer dans nos discours publics et de porter atteinte à notre tissu social. »

Comme vous l’avez déclaré tout récemment : « Que nous vivions dans une métropole ou une petite ville, nous devons demeurer solidaires, unis contre le racisme, la haine et l’islamophobie. »  Nous vous demandons que la désignation du 29 janvier comme Journée nationale de commémoration et d’action contre l’islamophobie devienne une balise cruciale sur ce chemin. 

Que la grâce et la paix vous accompagnent dans l’exercice de vos fonctions.

Salutations respectueuses,

Jordan Cantwell, pasteure et modératrice
L’Église Unie du Canada

c. c. : Andrew Scheer, chef, Parti conservateur du Canada
Guy Caron, leader parlementaire, Nouveau parti démocratique du Canada
Elizabeth May, cheffe, Parti vert du Canada
Rhéal Fortin, chef, Bloc Québécois
Iqra Khalid, député, Mississauga — Erin Mills

Ihsaan Gardee, directeur exécutif du Conseil national des musulmans canadiens
Christie Neufeldt, responsable du programme Plaidoyer et témoignage public, ÉUC

 

 

 

 

Une réponse à

  1. Liette Michaud says:

    J’appuie cette initiative de la part de la modératrice et de l’Eglise unie du Canada. Il faut affirmer notre volonté de contrer l’islamophobie et toute forme de haine à l’égard de personnes qui viennent d’ailleurs pour vivre parmi nous. Le Québec et le Canada tout entier peuvent accueillir de nouveaux citoyens et citoyennes dans la paix et le respect.

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