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Déclaration de La Table des ministères en français de l’Église Unie du Canada sur le projet de loi 21

Photo : Kay Hayden, Flickr CC-BY-2.0

L’Église Unie du Canada, depuis sa naissance en 1925, a cherché à évoluer dans une perspective inclusive. Nous sommes conscients que notre société québécoise a vécu une période de son histoire où elle a voulu se détacher d’un contrôle religieux soutenu. Au cours des années soixante, la Révolution tranquille a capté l’importance de la laïcité de l’État, du gouvernement, des services publics et des institutions qui servent la société civile. La séparation de l’État et de la religion – quelle qu’elle soit – est essentielle pour nous tous et nous l’appuyons sans réserve. Après plus de 50 ans au sein de notre société manifestement séculière, nous nous demandons pourquoi le gouvernement semble craindre l’expression religieuse personnelle des individus qui représentent l’État.

Pourquoi une personne qui reçoit des services des institutions publiques considérerait-elle que le port d’un symbole religieux par un employé signifie que l’État prône cette religion ou que cette personne ne peut pas accomplir son travail de façon professionnelle? Nous ne croyons pas que la population québécoise se laisse tout à coup convaincre de devenir religieuse après avoir vu quelqu’un porter un symbole religieux. Nous avons confiance que les Québécois et les Québécoises puissent prendre leurs propres décisions en ce qui a trait à leurs croyances personnelles. Dans le monde d’aujourd’hui, et qui plus est dans une culture démocratique et ouverte, les sources d’inspiration ou d’influence sont et demeureront multiples. Et c’est justement ce que nous croyons important de préserver et de nourrir.

L’exclusion prend plusieurs formes, et nous croyons que les limites imposées au port de symboles religieux pour certains employés des institutions publiques sèment une division au lieu d’harmoniser le tissu social. Certains symboles religieux sont enracinés dans la foi d’une personne et ne peuvent pas simplement être abandonnés pendant 8 heures par jour. Qui laisse ses valeurs et ses principes à la porte de son lieu de travail chaque matin? Comme personnes croyantes, nous ne le faisons pas; nous ne demandons pas aux autres de le faire non plus. L’essentiel, c’est que tous nous nous acquittions de nos responsabilités avec respect et équité.

Plutôt que de les exclure de leur profession pour le port d’un symbole religieux, nous devons considérer les employés de l’État sur la base de leurs capacités de bien faire leur travail. Qui sait, d’ailleurs, si la personne ne trouve pas dans ses croyances une motivation profonde qui l’amène à se dévouer dans le respect d’autrui? Nos barrières défensives nous privent de cette humanité.

Ce processus d’enrichissement mutuel par la valorisation de la diversité, vers lequel nous pouvons tendre collectivement, nous le vivons au sein même de l’Église Unie. Les nuances que nous tenons à exprimer par rapport au projet de loi 21 sont un reflet de ces discussions qui ont lieu en continu parmi nos membres et au sein de nos instances.

L’Église Unie a des racines francophones au Québec qui remontent à 1860, avec la plus ancienne église franco-protestante québécoise à Belle-Rivière. C’est à ce titre que nous invitons le gouvernement du Québec à célébrer la diversité québécoise dans la culture publique commune francophone. Nous demandons à notre gouvernement de faire confiance à la population québécoise : nous saurons reconnaître la différence entre une personne qui vit sa foi et la laïcité de l’État. Les leçons de la Révolution tranquille ont fait évoluer le Québec, qui est devenu une société progressiste, ouverte au monde. N’adoptons pas des mesures qui serviront à exclure et à appauvrir cette ouverture.

Rosemary Lambie
Ministre exécutif, Conseil régional Nakonha:ka

Éric Hébert-Daly
Responsable des Ministères en français

Une réponse à

  1. André Jacob says:

    La position repose sur la considération des droits et de la liberté d’expression des individus. Elle rejoint la position adoptée par la Ligue des droits et libertés. Bravo!

    Le projet conduit à une certaine confusion dans les esprits parce qu’il réduit la laïcité de l’État au port de signes religieux, particulièrement le foulard portée par des femmes musulmanes. Cette mesure stigmatise les femmes musulmanes et contribue à renforcer les stéréotypes et les préjugés.

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