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Déclaration concernant le racisme, la haine et la violence anti-asiatiques

Fleurs de cerisier

Photo sur Pixabay

O-so-so, o-so-so, pyong hwa ui imgum,
Uriga hanmom iruge haso-so
 Come now, O God of peace, we are your people,
Pour out your Spirit, that we be one body. [*]

(VU34 “O-So-So” Words : Geonyong Lee. Traduction anglaise : Marion Pope)
* [Viens maintenant, ô Dieu de paix, car nous sommes ton peuple;
déverse sur nous ton Esprit que nous formions un même corps.]


« Ne vend-on pas deux moineaux pour un sou ? Cependant, aucun d’eux ne tombe à terre sans votre Père. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. N’ayez donc pas peur : vous valez plus que beaucoup de moineaux ! »
Matthieu 10,29-31 (NFC)

Le Conseil régional Shining Waters a été profondément ébranlé par les assassinats de six femmes asiatiques lors des récentes fusillades d’Atlanta, en Géorgie. Nous condamnons la violence misogyne et raciste et nous prions pour les familles et les communautés des personnes assassinées. Nous prions également pour la sécurité des personnes d’ascendance asiatique en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde qui ont vécu et dénoncé des gestes de racisme à leur égard, de violence et d’agressions diverses depuis le début de la pandémie. Nous prions pour les nombreuses autres personnes ciblées par de tels comportements et victimes d’actes criminels haineux qu’elles n’ont pas rapportés.

Une déferlante cacophonique hostile à un ennemi supposé, la Chine, cible toute personne identifiée ou paraissant d’origine asiatique, et tout particulièrement les femmes, les jeunes filles et les personnes aînées.

Les femmes et les jeunes filles asiatiques sont très souvent déshumanisées, campées dans des stéréotypes d’hypersexualisation, d’infantilisation, ou encore confinées dans la représentation à des rôles de travailleuses du sexe ou de gardiennes d’enfants. Comme si les travailleuses du sexe et le personnel domestique ne méritaient pas qu’on leur accorde dignité et compassion. À l’opposé, les hommes et les garçons asiatiques sont fréquemment représentés comme désexualisés, voire émasculés. Eux aussi ont subi des agressions verbales et physiques durant la pandémie, mais elles ont toutefois été moins rapportées. Quel que soit le genre des personnes, les stéréotypes binaires sont dommageables et déshumanisants. Le racisme anti-asiatique atteint les corps, les cœurs et les esprits.

Avant l’Union de 1925, plusieurs Canadiennes et Canadiens d’ascendance asiatique étaient des membres fidèles des Églises qui allaient fonder l’Église Unie du Canada. Des groupes de divers antécédents asiatiques qui s’y sont associés ont enrichi l’Église Unie de leur patrimoine de 5000 ans d’histoire et de richesses culturelles, de traditions diverses marquées par la délicatesse et la résilience de ces populations. Pourtant, ces membres de l’Église continuent encore aujourd’hui à vivre de la discrimination, à être marginalisés et mis dans une position de vulnérabilité, alors qu’ils continuent d’être identifiés comme de nouveaux arrivants.

Les femmes et les hommes d’ascendance asiatique au sein du personnel ministériel de l’Église Unie se débattent depuis longtemps afin que leurs grandes compétences pour le ministère soient reconnues et honorées, que leur accent particulier soit compris et accepté. Certaines personnes ont eu de la difficulté à être ordonnées alors qu’elles se faisaient dire qu’aucune paroisse ne les appellerait en raison de leur race; d’autres, que les paroissiens ne les comprendraient pas à cause de leur accent; il y a eu des couples qui ont refusé leurs services pastoraux en demandant que leur mariage soit présidé par une pasteure ou un pasteur blanc. D’autres ont fait l’objet de sobriquets ou même reçu des menaces.

Nous exprimons notre lamentation.

Nous nous lamentons du fait que les personnes asiatiques doivent devenir invisibles et sans voix afin de s’intégrer dans l’Église dominante blanche.

Nous nous lamentons de toutes ces micro-agressions : « D’où venez-vous? Vous ne ressemblez pas à un Canadien, à une Canadienne »; suivie de l’incontournable : « Mais d’où venez-vous vraiment? » qui perpétuent la croyance ancrée selon laquelle les personnes asiatiques au Canada et dans l’Église sont d’éternelles étrangères, sans racines d’appartenance à ce pays.

Nous nous lamentons des propos mensongers entretenus à l’égard des personnes asiatiques au Canada comme « une espèce envahissante, un péril jaune » pour déboucher sur l’ignominieux « Retournez d’où vous venez » alors que ce territoire est celui des peuples autochtones, que les Européens ont envahi.

Nous nous lamentons de tous les incidents violents et des agressions diverses à l’égard des personnes d’ascendance asiatique qui se perpétuent et se déploient actuellement dans la fabrication d’un blâme à l’égard des personnes asiatiques pour la pandémie.

Nous affirmons notre résistance.

Nous refusons de considérer les personnes d’ascendance asiatique dans notre Église comme eux et non pas nous.

Nous refusons d’étiqueter des personnes d’ascendance asiatique de minorité accommodante, autrement dit plus proche de la majorité blanche, donc moins exposée au racisme et à la haine.

Nous refusons de nourrir ce qui peut créer des divisions entre les groupes racisés.

Nous refusons d’adhérer à la tendance équivoque au sein de l’Église et dans la société promouvant une sorte d’Olympiade des oppressions, une compétition qui évalue l’oppression d’un groupe comme plus intense que celle vécue par un autre, une façon de minimiser le racisme anti-asiatique en le rendant invisible, anodin, voire insignifiant.

Nous nous engageons.

Dans la foulée de l’engagement de l’Église Unie du Canada à devenir une Église antiraciste, le Conseil régional Shining Waters est déterminé à poursuivre à long terme le travail dérangeant d’éradiquer le racisme :

en apprenant à écouter avec respect, patience et humilité véritable les diverses voix et leurs différents accents;

en apprenant à proclamer le message évangélique au moyen du filtre de l’antiracisme comme d’une interprétation postcoloniale des Écritures;

en œuvrant avec constance à libérer l’Église du racisme et de toute déshumanisation en paroles, en actes et dans ses structures;

et en œuvrant à devenir une Église formant un véritable corps unique, sans hiérarchie de race en regard de la blanchité.

Alors que nous nous engageons dans cette lutte en faveur de la justice pour les gens de toute ascendance,
puisse la puissance de l’Esprit nous motiver
et la réconciliation du Christ nous inspirer
en présence du Mystère sacré qui est tout amour.

David Leyton-Brown, président
Conseil régional Shining Waters

et les anciennes en ministère et en solidarité du regroupement Asian United Church Women

 

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