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Beaucoup de français dans une province peu francophone

Stéphane GaudetDrapeau Franco-Terreneuviens

C’est en français d’abord que le modérateur Gary Paterson a ouvert samedi soir le 42e Conseil général, avant de répéter sa déclaration en anglais. Un geste qui n’est pas banal alors que le Conseil général a lieu dans la province qui compte la plus faible proportion de francophones, toutes provinces et tous territoires confondus.

Selon Statistique Canada, 0,6 % des Terre-Neuviens, soit 3 000 personnes, avaient le français comme langue maternelle en 2011, et 0,8 % le parlaient à la maison. Les Franco-Terreneuviens sont concentrés dans trois régions principales : la péninsule de Port-au-Port, seul district officiellement bilingue de la province où les villages toujours francophones des descendants d’Acadiens, de Bretons et de Basques côtoient des villages anglophones ; la capitale, St. John’s, qui attire des francophones de l’extérieur de la province et de partout dans le monde ; et Labrador City, à la frontière avec le Québec, où vivent beaucoup de Québécois.

La journaliste Jacinthe Lafrance a été rédactrice en chef du Gaboteur, le seul journal francophone de Terre-Neuve-et-Labrador, dans les années 1990, période de revendications dans la communauté franco-terreneuvienne. « À l’époque, les gens se battaient pour l’établissement d’un conseil scolaire francophone, pour que la chaîne de nouvelles RDI soit disponible… et ils ont gagné ! La communauté a plus de services qu’à l’époque où j’y étais, et dans les écoles, il est moins nécessaire aujourd’hui de faire appel à des Québécois et des Néo-Brunswickois pour trouver du personnel francophone. » Elle avait le sentiment très clair de lutter pour la cause francophone en mettant en valeur dans sa publication tout ce qui se faisait en français. « C’était une question d’identité et de fierté. Par exemple, Le Gaboteur a participé à un programme d’alphabétisation dans la région de Port-au-Port pour permettre aux francophones qui avaient été scolarisés en anglais d’apprendre à lire en français et de se réapproprier leur langue. »

Alors, comment se fait-il que dans une province où la communauté francophone est si petite, le français soit si présent à ce 42e Conseil général ?

Maya Landell, coordonnatrice des célébrations, évoque l’engagement ferme de l’Exécutif du Conseil général pour le français. « Dès le début, nous avons travaillé avec l’équipe des Ministères en français pour qu’on puisse vivre réellement cet engagement. Nous voulions que tout le monde se sente inclus. Évidemment, les francophones ne sont pas les seuls, nous avons dû gérer des demandes de différents groupes. Mais les commentaires que les francophones nous font sont positifs, et personne ne se plaint. Nous travaillons fort pour traduire les prières et certaines parties des chants. »

Le coordonnateur de la musique, Andrew Atchison, avait un peu peur au début d’avoir à utiliser le français dans le programme musical du Conseil général. « Mais finalement, je trouve plus facile de chanter que de parler en français. C’est plus lent, les syllabes sont clairement détachées, il y a la mélodie qui facilite les choses. » Maya rappelle : « La plupart d’entre nous n’avons eu que des cours de français à l’école pendant 8 ans ! Étienne LeSage [pasteur francophone qui participe à tous les moments de célébration – NDLR] nous aide énormément avec la prononciation et le rythme. »

Andrew trouve normal de faire une place au français dans ce Conseil général. « Cela fait partie de notre identité canadienne », affirme-t-il. Selon Maya et les dires d’autres personnes qui ont participé aux précédentes assemblées du CG, le français est plus présent cette année qu’auparavant. Une situation assez paradoxale quand on connaît la faible présence francophone à Terre-Neuve-et-Labrador.

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