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Message de la modératrice : J’aime Donald Trump

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La modératrice Jordan Cantwell

Faire le choix d’aimer les personnes dont les paroles et les gestes sèment la haine et la division ne signifie pas cautionner leurs comportements ni tolérer l’injustice.

Nous avons tous et toutes vécu des moments où nous étions bouche bée, soit parce que nous ne savions pas comment réagir ou que nous hésitions à dire ce qui devait être dit.

C’est ce que je vis cette semaine. Au moment où le président élu des États-Unis se prépare à son investiture, laquelle aura lieu vendredi, j’ai besoin de dire : « J’aime Donald Trump ».

Il m’est difficile de prononcer ces mots, mais je tente de les dire avec cœur et sincérité. Malgré le fait que j’ai de sérieuses réserves quant à ses politiques et ses prises de position, M. Trump est un enfant de Dieu, tout comme moi. Je dois donc lui témoigner dignité, respect et amour.

Je sais que certains et certaines d’entre vous qui lisez ces lignes ne partagent pas mes réserves concernant Donald Trump, alors que d’autres partagent mon opinion. Cette diversité de sensibilité politique est un don à célébrer. Peu importe nos différents politiques, en tant que chrétiens, nous soutenons le même engagement, celui de vivre selon des valeurs fondées sur l’amour et la justice, tel que l’enseigne l’Évangile.

Nombre de personnes au Canada et aux États-Unis ressentent actuellement une peur et une angoisse intenses, en raison surtout de la rhétorique et des comportements du président élu ainsi que des antécédents politiques de certaines personnes qu’il a nouvellement nommées. Les communautés minoritaires et vulnérables craignent la disparition de leur sécurité et de leurs droits. Cette situation nous touche toutes et tous, puisque la santé d’une société se reflète dans la façon dont elle traite ses populations les plus vulnérables.

L’histoire démontre que les mouvements politiques et sociaux aux États-Unis ont un effet important sur les attitudes et les comportements de la population canadienne. Nous avons déjà vu une flambée d’actes violents et de discrimination à l’endroit des minorités dans ce pays. Dans la semaine qui a suivi les élections états-uniennes, la capitale de notre pays a été le théâtre de cinq incidents de crimes haineux ciblant les juifs, les musulmans et les personnes de couleurs.

Il nous faut maintenant mettre de côté nos positions politiques partisanes et reconnaître que nous devons miser sur nos forces, notre sagesse et l’amitié réciproques si nous voulons contrer la vague croissante de haine qui menace de nous engloutir.

Nous devons demeurer vigilants en ce qui a trait à toute tentative de la part de tous nos dirigeants d’utiliser la peur dans le but de diviser et de contrôler les gens. Lorsque la peur domine notre vie, un climat de haine et d’exclusion, sinon de désespoir et d’apathie, s’installe. Nous ne pouvons nous permettre de nous laisser entraîner dans une telle direction. Puisons profondément dans notre foi et choisissons plutôt une autre voie qui est plus forte que la peur, la haine et le désespoir – celle de l’amour.

Sur un rocher situé à l’entrée de la Tente des nations, aux abords de Bethléem, en Cisjordanie, on trouve les mots suivants peints en arabe, en anglais et en allemand :

Nous refusons d’être des ennemis.

J’estime que ces mots expriment le grand défi spirituel que nous devons relever si nous voulons être de fidèles disciples en notre époque.

En tant que gens de foi et de bonne volonté, nous devons urgemment nous unir et rassembler nos ressources spirituelles collectives afin de résister au climat de peur et de division croissant qui nous envahit. Œuvrons ensemble pour protéger les personnes vulnérables et controns la haine, partout où elle se manifeste, y compris en nous-mêmes. Oui, nous résisterons avec force aux efforts visant à priver les gens de leur dignité et de leurs droits, mais la force que nous utiliserons sera celle de l’amour.

Faire le choix d’aimer les personnes dont les paroles et les gestes sèment la haine et la division ne signifie pas cautionner leurs comportements ni tolérer l’injustice. L’amour ne ferme pas les yeux sur l’injustice ni ne fait la sourde oreille aux plaintes des opprimés. L’amour que nous sommes appelés à incarner en tant que disciples du Christ exige que nous défendions la dignité, la valeur, le bien-être et l’intégrité de toute personne, y compris des oppresseurs.

Une déclaration récente (en anglais) du National Council of the Churches of Christ [Conseil national des Églises du Christ] aux États-Unis illustre cet engagement indéfectible à promouvoir une justice qui repose sur l’amour. Elle a pour introduction :

« Alors que notre nation se prépare à l’investiture présidentielle, nous aussi marchons vers cette transition, tout en étant témoins du schisme que cette élection a causé et du fossé qui s’est davantage creusé. Notre foi fait de nous des ministres de la réconciliation (2 Corinthiens 5, 11-21). C’est pourquoi nous exhortons le président élu Donald Trump, qui a dit partager notre foi chrétienne, d’œuvrer avec sérieux à la réconciliation de notre nation et de respecter le serment qu’il fera de préserver, de protéger et de défendre les États-Unis d’Amérique. »

La question que je me pose aujourd’hui est la suivante : « Comment puis-je être une ministre de la réconciliation en ce temps de profonde division? » Voilà une question à laquelle je vous invite à réfléchir vous aussi.

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