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Message de la modératrice concernant les commentaires de la sénatrice Beyak sur les pensionnats autochtones

Nous avons été conviés au ministère de la réconciliation. Puissions-nous poursuivre ce ministère avec amour et bienveillance

Durant un débat qui a eu lieu au Sénat le 7 mars 2017, la sénatrice Lynn Beyak a émis des commentaires concernant le système de pensionnats autochtones. Ces propos, largement diffusés par les médias, risquent de causer un grand tort aux survivantes et aux survivantes des pensionnats, et de miner le travail vital auquel la Commission de vérité et réconciliation (CVR) convie les Canadiennes et les Canadiens par la voie de ses appels à l’action.

Les peuples et les organisations autochtones ont réagi aux commentaires de la sénatrice Beyak. En tant que l’une de parties ayant dirigé de tels pensionnats, l’Église Unie du Canada estime qu’il lui incombe aussi de réagir.

La sénatrice Beyak a parlé des bonnes intentions qui animaient le système de pensionnats autochtones. Il y a trente ans, L’Église Unie du Canada a offert des excuses aux Premières Nations pour le rôle qu’elle a joué dans la colonisation et la destruction de leur culture et de leur spiritualité. Dans notre démarche pour préparer et offrir ces excuses et les mettre en œuvre, nous avons appris que les bonnes intentions ne suffisent pas et qu’une telle justification entraîne des effets néfastes et de la souffrance chez les personnes concernées.

L’Église Unie du Canada a participé à la Commission de vérité et réconciliation non seulement dans le cadre d’une entente juridique, mais aussi dans l’esprit d’un engagement moral et éthique. Elle ressentait une obligation de comprendre l’impact de son rôle dans le système des pensionnats, de réparer les torts causés et de participer à la guérison et à l’édification d’une nouvelle relation entre les peuples autochtones et les populations non autochtones au Canada.

En juin 2015, les Églises et les instances religieuses qui avaient dirigé des pensionnats ont accueilli favorablement les appels à l’action de la CVR, qu’elles considéraient comme [traduction] « les fondements d’un dialogue élargi et transformateur entre les Canadiens et les Canadiennes concernant les efforts pour améliorer les perspectives d’avenir, non seulement pour les peuples autochtones, mais aussi pour tous les citoyens et toutes les citoyennes qui souhaitent vivre dans une société où priment des relations justes et équitables. » C’est à ce moment que nous nous sommes engagés à faire un travail de sensibilisation et de guérison, sous la guidance des communautés autochtones.

Comme il est clairement énoncé dans les appels à l’action de la CVR, il est impératif de sensibiliser la population canadienne à l’histoire des peuples autochtones au Canada, à ce qui s’est réellement passé dans les pensionnats autochtones et aux legs de ces écoles dans la société contemporaine. La transformation des relations passe assurément par l’éducation et la compréhension de ce qui s’est passé. Les commentaires émis par la sénatrice Beyak nous rappellent l’importance de ne pas perdre de vue cet objectif.

L’Église Unie du Canada craint que de telles affirmations puissent traumatiser à nouveau les survivantes et les survivants des pensionnats, leur famille et leur communauté. Nous espérons que, comme société, nous poursuivrons nos avancées et que nous demeurerons sensibles au travail de guérison que font les communautés autochtones, tout en reconnaissant que nous avons tous et toutes un rôle à jouer dans ce cheminement. Puisse cette conscience guider nos paroles et nos actions.

Dans la deuxième lettre aux Corinthiens, Paul rappelle à la communauté chrétienne que, par l’entremise de Jésus, nous avons été conviés au ministère de la réconciliation. Puissions-nous poursuivre ce ministère avec amour et bienveillance.

Jordan Cantwell, pasteure et modératrice
L’Église Unie du Canada

 

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