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Adoption de la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones en tant que cadre de la démarche de réconciliation

31 mars 2016

Le 2 juin 2015, l’Église Unie du Canada, ainsi que d’autres Églises qui sont parties à la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, a accueilli favorablement les appels à l’action de la Commission de vérité et de réconciliation (CVR). Ces appels demandent notamment à ce que la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones soit adoptée en tant que cadre de la démarche de réconciliation. L’appel à l’action 48 interpelle tout particulièrement les Églises à ce propos et leur demande de publier une déclaration sur le sujet au plus tard le 31 mars 2016.

Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a déjà dit de la Déclaration qu’elle « offre aux États et aux populations autochtones une occasion capitale de renforcer leurs relations, de promouvoir la réconciliation et d’éviter que les problèmes du passé ne réapparaissent ». Les commissaires de la CVR offrent ainsi aux Églises cette même « occasion capitale », qui pour nous constitue un moyen concret de transformer une relation coloniale d’exclusion en une relation fondée sur la réciprocité, l’équité et le respect.

Aujourd’hui, l’Église Unie du Canada affirme publiquement son engagement à honorer l’appel à l’action 48 en adoptant et en appliquant les normes et les principes de la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones en tant que cadre de réconciliation.

Cette journée représente également un moment important dans la vie de l’Église Unie, puisque le Conseil des Ministères autochtones, accompagné de l’Église non autochtone (coloniale), amorce aujourd’hui un processus de consultation dans le but de déterminer sa vision et sa structure pour l’avenir.

L’Église Unie chemine vers la réconciliation depuis plus de 30 ans. En 1986, l’Église coloniale a répondu à la demande d’excuses formulée depuis longtemps par les peuples autochtones pour le rôle qu’elle a joué dans leur colonisation et la destruction de leurs cultures et de leurs pratiques spirituelles. Ces excuses ont été acceptées par l’Église autochtone deux ans plus tard, avec l’espoir exprimé qu’elles seraient suivies « d’actions concrètes et sincères ».

Nous avons adopté la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones en en faisant un engagement à honorer ce souhait des peuples autochtones au sein de l’Église Unie.

Nous comprenons que les normes et les principes de la Déclaration s’appuient sur les éléments suivants :

  • le droit à l’autodétermination;
  • le droit de posséder une identité spirituelle et culturelle propre;
  • le droit de participer aux processus décisionnels;
  • le droit à la terre et aux ressources naturelles;
  • le droit de donner un consentement libre, préalable et éclairé;
  • le droit de vivre sans discrimination.

Au sein de l’Église, les peuples autochtones ont la capacité d’autodétermination et participent aux processus décisionnels. L’une des structures essentielles à ce titre est le Conseil des Ministères autochtones et ses composantes, bien que nous soyons conscients que pendant « de nombreuses années, les pratiques de l’Église Unie du Canada ont eu pour résultat d’exclure les peuples autochtones des processus de vision, de leadership et de prise de décision » (Le Manuel, 2013, p.4).

L’Église Unie reconnaît le droit des peuples autochtones à posséder leurs propres pratiques culturelles et spirituelles et admet que la sagesse et les voies de la connaissance autochtones ont contribué à son enrichissement en tant qu’institution. Il serait cependant trompeur d’affirmer que ces principes sont parfaitement compris et mis en pratique ou que les peuples autochtones ne font l’objet d’aucune discrimination au sein de l’Église.

L’Église Unie a une tradition de défense de la justice autochtone en ce qui concerne des enjeux comme les droits territoriaux et issus de traités, la salubrité de l’eau, les femmes autochtones assassinées et disparues et le financement équitable de l’aide sociale, de l’éducation et des soins de santé. Pourtant, l’Église peine toujours à prendre toute la mesure de l’importance que prendra la résolution de ces enjeux pour parvenir à une réconciliation véritable.

L’écart entre l’intention et les résultats montre que nous avons encore beaucoup à faire pour que nos excuses deviennent concrètes et réelles. En adoptant la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones en tant que cadre de réconciliation, nous nous imposons une nouvelle norme dans la poursuite de ce cheminement. Celle-ci exige que nous revoyions tous les aspects de la vie de notre Église, qu’il s’agisse de la façon dont nous célébrons le culte et édifions la communauté, de nos politiques financières et en ressources humaines ou encore de la manière dont nous défendons des causes. Elle exige en outre que nous repensions l’identité de notre Église et comment cette identité favorise ou non des relations fondées sur la réciprocité, l’équité et le respect, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Église.

Pour ce faire, l’Église Unie a formé un groupe de travail sur la mise en œuvre de la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones. Composé de représentants de l’Église autochtone, des synodes et de comités du Conseil général, ce groupe de travail mettra au point un processus pour :

  • faire en sorte que l’Église apprenne à mieux connaître la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones et ce que signifient « les normes et les principes qui s’y rattachent »;
  • évaluer comment l’Église se conforme actuellement à la Déclaration dans tous les domaines de sa vie institutionnelle;
  • fournir des mécanismes permettant de corriger le tir dans les cas où l’Église ne s’y conforme pas;
  • fournir un mécanisme d’évaluation des progrès de la mise en œuvre de la Déclaration;
  • établir un mode de reddition de comptes à cet égard.

Nous reconnaissons que ce travail ne sera pas facile et prendra du temps. L’Église coloniale commence seulement à absorber le choc de sa complicité dans la création d’une situation d’injustice à l’égard des peuples autochtones. L’Église autochtone devra aussi relever le défi de la décolonisation. Les excuses de 1986 ont changé notre Église. Elles ont eu sur notre identité ecclésiale des répercussions que ne nous ne pouvions pas comprendre pleinement à l’époque. L’adoption aujourd’hui de la Déclaration de l’ONU en tant que cadre de réconciliation nous place dans une situation similaire.

Quoi qu’il en soit, nous savons dans nos cœurs et nos esprits, mais également dans notre foi, qu’il s’agit du chemin que nous sommes appelés à emprunter ensemble, « Tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. Car […] c’était Dieu qui en Christ réconciliait le monde avec lui-même […] mettant en nous la parole de réconciliation. »               (2 Corinthiens 5,18-19 TOB)

Nous ne savons pas ce que nous réserve l’avenir, alors que nous négocions ce virage vers la justice et un approfondissement de notre engagement envers une identité, des relations et une manière d’être nouvelles, au sein de notre Église et dans le monde.

De nouvelles relations pointent à l’horizon et nous nous tournons résolument vers elles.

 

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